Bonheur et attente

Notre bonheur est intimement lié à nos attentes. Il dépend de ce que nous attendons. Il est fonction de nos manières de vivre l'attente. Il est influencé par la réalisation - ou non - de nos désirs. Mais notre bonheur peut aussi surgir de l'inattendu.

Nous sommes toujours en attente car nous sommes conscients de l'avenir qui arrive et nous sommes remplis de désirs et d'espoirs (ce sont des signes d'humanité !). Hier, nous avons attendu aujourd'hui. Maintenant, nous attendons demain. Parfois, le poids d'hier et de demain nous font vivre plus intensément le présent (voir "Hier, aujourd'hui et demain"). Mais même cette vie au présent a ses batailles ou ses renoncements qui témoignent de nos attentes.

Notre bonheur dépend de ce que nous attendons, événement ou autre. Une fête, par exemple, est bien différente de notre mort. La fête est, en général, un événement ponctuel, proche, heureux, désiré, collectif... Notre mort est une rupture brutale, certaine, d'heure inconnue, souvent non désirée, toujours personnelle... (voir "L'art de vieillir", "La mort et le sérieux"). Un événement ponctuel nous donne plutôt de la joie ou du plaisir que du bonheur, même si joies et plaisirs contribuent au bonheur en s'associant dans la durée. Nos désirs et nos espoirs sont plus ou moins bons et porteurs de bonheur (voir "L'important, c'est de semer", "Quel est le sens de la vie ?").

Face au même événement attendu, nous ne réagirons pas de la même manière que notre voisin. C'est que nous avons notre caractère (optimiste, exigeant, patient, accueillant... ou non), notre expérience, nos fragilités, nos capacités de résistance et de rebond... ! (voir "Un crédo pour la vie"). Mais aussi notre intégration sociale qui permet de partager les joies et d'encaisser à plusieurs les souffrances de la vie (voir "Demain" - anonyme).

Comment vivons-nous l'attente ? Je suis frappé de voir que, d'après un sondage qui est réalisé régulièrement depuis 10 ans, il y a presque toujours eu une majorité de français qui s'attendait à ce que la situation se dégrade dans l'avenir proche (même si la majorité est plus ou moins importante selon les circonstances). Quand nous attendons un avenir qui se dégrade, quand nous croyons "au bon vieux temps", nous vivons plus facilement dans le passé ou le présent. Pourtant, une vie équilibrée est de s'appuyer sur le passé pour habiter le présent et préparer l'avenir (voir "L'aube viendra").

Nous pouvons vivre l'attente de façon angoissante face à l'incertitude (le pire arrivera-t-il ?), ou nous préparer à accueillir l'inconnu, la rupture (voir "Enfant, témoin d'un amour immense"). Nous pouvons désespérer de l'avenir, ou rêver et espérer (voir "Demain" - Desnos). Nous pouvons transformer l'attente en temps de révolte, ou en occasion de nous remettre en cause (voir "Bonheur d'exister"). Nous pouvons avoir le sentiment que tout va trop lentement (voir "Attente") ou trop vite (voir "Ralentis ton rythme !"), ou apprécier d'avoir le temps de vivre (voir "Psaume de la création"). Nous pouvons attendre sans y penser, ou faire mijoter nos désirs (voir "Elles rêvent de vrais préludes...").

Notre bonheur est, pour partie, la réalisation de nos désirs. Un désir qui ne se réalise jamais conduit souvent à l'oubli, quelquefois à l'obsession, très rarement au bonheur. Mais la réalisation de nos désirs tue nos désirs et donc tue notre bonheur. Il faudrait donc, avec ce point de vue restrictif sur le bonheur, que nos désirs soient satisfaits en permanence et se renouvellent aussitôt ! Toutefois, notre bonheur n'est pas seulement une destination à atteindre (voir "Un jour") mais aussi une façon de voyager (voir "Citations et attente"). Il dépend de nous (au moins pour partie) que, au lieu de passer notre vie à attendre d'être heureux, nous construisions notre vie, en faisant "contre mauvaise fortune bon coeur" quand cela est nécessaire (voir "Apprends-nous à attendre").

Notre bonheur est bien plus que la réalisation de nos désirs. Il peut venir d'un événement non désiré, inattendu, voire inimaginable. Par exemple, il y a 2000 ans, le peuple de Jésus-Christ attendait un Messie puissant qui allait chasser l'envahisseur romain... et il est né un enfant pauvre (voir "La naissance de Jésus") qui est mort plus tard sur une croix, comme un malfaiteur, mais qui a bouleversé notre histoire (passé, présente et à venir) en apportant un message universel d'amour !

Jésus-Christ nous bouscule encore chaque jour (voir "Parabole sur la vigilance", "on frappe..."). Il nous invite à une attente active, qui participe à la création d'un monde meilleur, et finalement nous indique la voie du bonheur (voir "Béatitudes").

En conclusion, de mon point de vue, pour être heureux, il nous faut être exigeant sur ce que nous attendons (au cas où cela arriverait !), avoir un bon rythme de vie (être actif en sachant prendre le temps), et être d'autant plus patient que nous sommes exigeants.

 
Et vous, qu'attendez-vous pour être heureux ?

JM Bonheur, www.bonheurpourtous.com

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