Ma foi m'a sauvée (extrait)

[...] Etre otage vous place dans une situation de constante humiliation. Vous êtes victime de l’arbitraire complet, vous connaissez le plus vil de l’âme humaine.

Face à cela, il y a deux chemins. Soit on se laisse enlaidir, on devient aigre, hargneux, vindicatif, on laisse son cœur se remplir de rancune. Soit on choisit l’autre chemin, celui que Jésus nous a montré. Il nous demande : « Béni ton ennemi ». A chaque fois que je lisais la Bible, je sentais que ces mots s’adressaient à moi, comme s’Il était en face de moi, qu’Il savait ce qu’il fallait me dire. Et cela m’arrivait droit au cœur.

Bien sûr, je reconnais que lorsque l’ennemi est atroce, c’est difficile d’être fidèle à cette parole. Pourtant, dès que je faisais l’exercice de prononcer « Béni ton ennemi » – alors que j’avais envie de dire tout le contraire – c’était magique, il y avait comme une espèce de... de soulagement. Et l’horreur disparaissait, tout simplement. Des choses comme celle-là, je pourrais vous en raconter des jours durant. Je sais, je sens, qu’il y a eu une transformation en moi et cette transformation, je la dois à ce contact, à cette capacité d’écoute de ce que Dieu voulait pour moi. Ce fut un dialogue constant avec Dieu à travers l’Evangile !

Ingrid Betancourt, otage du 23 février 2002 au 2 juillet 2008, propos recueillis par Antoine d'Abbundo et Vincent Cabanac, Le Pélerin, 7 juillet 2008, http://www.pelerin.info/article/index.jsp?docId=2343000&rubId=9196
Voir également Lettre à ma mère (extrait) (Ingrid Betancourt)

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